Les Prés du Pied. du concept au fromage.

Passé - Présent - Avenir

Lait label « Ried ».
Entre 1984 et 1990, un groupe de militants cherche des solutions viables à long terme pour soutenir les agriculteurs qui s'engagent dans le maintien des prairies naturelles en Alsace Centrale à un moment où le maïs s'implante rapidement dans les plaines labourées.

Pour démontrer l'intérêt du concept d'associer les consommateurs à la sauvegarde de leur patrimoine, Rémi MEYER et Raymond DURR décident de s'associer pour la mise en marché d'un nouveau fromage alsacien : la Tomme des Prés du Pied est née. Depuis 1992, chaque année, 12 à 15 tonnes de ce fromage sont commercialisées en Alsace, essentiellement en grande distribution.

Vers un nouveau départ
Lorsqu' en 2005, Madeleine et Rémi parlent d'envisager l'arrêt de la production laitière, l'âge de la retraite approchant, les partenaires du projet sont bien perplexes en se demandant quel élevage du secteur pourrait entrer dans le moule et si possible, s'impliquer encore davantage dans la démarche environnementale et bien-être animal.
Début 2006, Emmanuel et Marc s'associent et rachètent le quota laitier de Rémi et Madeleine, et les grandes lignes du projet sont dégagés pour la mise en œuvre d'un programme de promotion du fromage du Ried.

Ce programme se décline en 3 volets devant être soumis à l'examen de la commission environnement. Une première partie concerne la conduite du troupeau, l'alimentation et les mesures environnementales. La deuxième partie concerne la transformation avec de nouvelles orientations pour progresser en volume de lait valorisé. D'abord, la mise au point d'un fromage à pâte cuite, genre gruyère, qui représente un marché bien plus vaste que la Tomme , ensuite une variante de tomme aromatisées aux herbes des prairies du Ried. Dans la mesure de ses capacités, c'est la SARL BIOLACTE qui assurera ces productions en 2007-2008, la conversion à l'agriculture biologique par les deux associés est envisagée. L'élevage sera connu sous le nom de « GAEC du Courlis ».
La troisième partie développe le volet commercial et la volonté de bien communiquer sur le thème du lien entre consommation des fromages et participation au maintien des prairies, biodiversité et bien-être animal. Une petite équipe a pris en charge la réflexion stratégique et le dynamique commerciale autour des compétences de Denis GERBER de la Maison de la Nature.
Pour une transparence indiscutable dans le fonctionnement de routine du programme, Alsace Qualité a été mandaté pour la rédaction d'un cahier des charges concernant toute la filière et qui sera contrôlé puis certifié annuellement par CERTICAL.

Possibilités d'extension du concept Prés du Ried

 Sur le territoire du centre Alsace qui s'étend des deux côtés de l'Ill entre Colmar et Erstein, les exploitations laitières en 2005 possèdent en majorité entre 40 et 70 vaches laitières, généralement une ou deux fermes par village à dominante lait.

La production par vache va de 7500 L à 9000 L/ an. Ce niveau d'intensification élevé est basé sur des rations à dominante maïs toute l'année ainsi que des concentrés à base de céréales et soja. L'utilisation de pulpes de betteraves ou drèches est assez courante, les foins utilisés sont surtout destinés aux génisses de renouvellement et le pâturage des vaches est quasiment inexistant excepté quelques surfaces d'exercice à côté de l'étable.

Cet état d'esprit productiviste dans un contexte agricole difficile et de quotas incertains est largement majoritaire, soutenu par une politique syndicale et professionnelle sans réelle préoccupation environnementale ou sociétale à moyen terme.

Ainsi les orientations fondamentales encadrées par le cahier des charges des Prés du Ried sont aux antipodes :

-affouragement à base d'herbe de pâturage
-autonomie fourragère
-limitation des quantités d'ensilage
-préservation et entretien des sites et espèces remarquables.

Seuls 3 à 5 agriculteurs parmi les 50 pourraient avoir un intérêt pour cette demande de part leur ouverture et indépendance d'esprit et la disponibilité en prairies. La notion de plus value générée par cet engagement n'est pas perçue comme une opportunité intéressante, surtout dans une atmosphère d'opposition quasi systématique entre naturalistes et agriculteurs.

La tendance récente d'aller vers des rations sèches à base de 15 à 18 kg d'aliments complets achetés /VL/ jour et distribués en DAC (distributeur automatique programmé) va encore davantage dans le sens opposé.

La stratégie des fabricants d'aliments dans le contexte de céréales encore relativement bon marché rapproche ces élevages du système de porcs ou de volailles en intégration. Le fondement de : VACHE = RUMINANT est ignoré, des gains de rentabilités annoncés par les prévisions ne prennent pas en compte ni le sens du métier d'éleveur ni les aspects de physiologie et santé animale. La qualité du lait reste une notion purement quantitative : bactériologie et teneur en matière grasse et protéines.

Les aspects de prospectives ne sont pas non plus pris en compte dans ces choix :

- Santé : la quasi-totalité des céréales stockées chez les organismes stockeurs sont « sécurisées » aux insecticides, et les tourteaux proviennent de soja OGM américain...

-Energie : Chaque quantité d'aliment VL a fait en moyenne 600 km de déplacements entre la ferme de production et la ferme destinataire...

Avec le concours de :


Responsable de publication: Jérôme Berthault - hébergement: Aricia
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